Cycliste français, 27 ans, 1m80, a disparu depuis le 5/12/07 à Bombay/Mumbai,Inde. Ancien chef scout, il était graphiste webmaster à Nancy. Parti de Nice le 18/07/07 pour faire le tour du monde en vélo, on est sans nouvelles depuis son arrivée à Bombay. Pourtant il communiquait par Internet pour informer des étapes de son voyage. Contact : mctalleu@gmail.com +33(0)6 35278430 +33(0)3 83406584.
Nouvelles coordonnées en Inde : 00919600515513
Parents en souffrance France 3 Jean-Baptiste Talleu a disparu en décembre 2007 en Inde. Ses parents tentent de le retrouver Pierre-Marie et Marie Claire Talleu reviennent d'un séjour de 3 ...
Alerte Google Web : Jean-Baptiste Talleu
Sur la route des Indes - Est Républicain Rentrés dimanche soir, les Talleu ont retrouvé avec émotion leur grande famille : Jean-Baptiste a six frères et sœurs et une nièce. ...
Cette Alerte Google vous est présentée une fois par jour par Google.
Du froid, (20°!), des odeurs, des cris, des aboiements, des pétards (ou des coups de feu ?), bref, de l’animation. Nous sommes à Delhi depuis une semaine, dans le quartier de Paharganj, l’un des plus animés et populeux de la capitale, très forte concentation. Beaucoup de petits hôtels bon marché.Un flot continu de voyageurs européens.
Nous devions y rencontrer un policier indien alerté par un gendarme français. Pas au courant de la disparition de Jean-Baptiste, il a fait son maximum depuis pour être efficace. Et il a hâte de nous rencontrer.
Nous ne perdons pas de temps et lui non plus. Dès le lendemain de notre rencontre, les médias viennent nous voir à l’hôtel. Notre angoisse est toujours la difficulté de la langue. (je n’ai pas utilisé le mot barrage, car ce n’en est pas vraiment un). Mais grâce à la fréquentation cosmopolite du quartier, les interprètes tombent du ciel au bon moment, jusqu’à ce que nous réussissions par nous débrouiller seuls, enfin rodés au bout de la 6° télé. Certaines TV seront diffusées dans l’Inde entière, c’est tout à fait ce que nous recherchons.
Nous sommes surpris de l’intérêt des médias, car à différents endroits, on nous a fait comprendre qu’au bout de 2 ans, il n’y avait plus d'intérêt et plus grand-chose à espérer…
Entrevuehier avec l’ambassadeur. Il pense qu’on a fait le maximum et qu’il ne nous sera pas possible de continuer à dépenser autant d’énergie. Car ou Jean-Baptiste est mort, et le corps a totalement disparu, on ne le retrouvera malheureusement jamais. Ou il est « caché », et on a peu de chance de soulever encore des indices. Seul le hasard, la chance, la Providence ? fera qu’on apprendra un jour quelque chose. (nous résumons, avec nos mots à nous).
L’ambassadeur propose qu’un avis de recherche soitpublié dans les journaux au moins 2 fois l’an pour que la garde ne soit pas baissée. Nous lui demandons également de stimuler périodiquement les lieuxen son pouvoir, comme les Alliances Françaises, car nous avons vu que les avis de recherche y avaient souvent disparus, ce qui ne fait pas plaisir.
Il nous redit que non, il n’y a pas de disparition non résolue de français en Inde, du moins à sa connaissance. Le cas de Jean-Baptiste est unique. C’est important de l’écrire car trop de monde pense qu’on disparait en Inde extrêmement facilement.
Ce n’est pas vrai. On peut essayer de s’y perdre, ou disjoncter, mais en Inde tout se sait. On n’a cessé de nous le dire et redire. A priori, le pays n’est pas plus dangereux qu’un autre. On y a vu un grand nombre de jeunes filles voyageant seules. Elles n’ont pas disparu, ou alors personne ne s’en est inquiété.
Nous ne nous y sommes personnellement jamais sentis en danger. Juste parfois agacés par un harcèlement assez incessant. Ce n’est pas un pays où on est « tranquille ». La misère et la saleté vous sautent au visage. Mais aussi la beauté et la gentillesse.
Il est vrai que l’Inde peut perturber. Elle est unique, on aime ou on n’aime pas.
Aujourd’hui, nous avons enfin obtenu un devis pour un véhicule à aménager en QG pour Jean-Baptiste. Ce fut un parcours du combattant, avec de longues traversées de l’immense ville en rickshaws et taxis.
Si ce projet doit se faire, il se fera. Nous n’avons plus la force d’être acharnés.
Dimanche soir 21 février, 3 mois jour pour jour après notre arrivée à Bombay, nous retrouveronsla France, la famille, les amis, et même le froid, avec un certain plaisir.
Nous prendrons le temps de réfléchir à ce que sera notre prochaine étape dans cette quête de l’impossible, peut-être…
Plus de 2 semaines dans ce pays attirant, mais toujours plus envahi par les touristes, hippies et babacool.
Harcèlement continueld’une foule de vendeurs en tout genre, masseurs, chauffeurs de taxis ou rickshaw, mendicité. ( un peu moins forte à Goa que dans le reste du pays). Bref, les sollicitations sont constantes, insistantes, et finissent par vous donner envie de partir en courant.
Nous imaginons mal Jean-Baptiste dans ce contexte, même si nous avons vu des sosies à plusieurs reprises, nous et les bonnes âmes nous aidant dans nos recherches. Il s’en trouve toujours dans chaque région visitée. ( des sosies et des bonnes âmes). C’est réconfortant. Nous nous sentons moins seuls dans cette quête qui peut paraitre insensée.
Un témoin français avait signalé en avril 2008 avoir vu à Mapusa , en février, un jeune homme errant et perdu ressemblant àJean-Baptiste. Nous avions vraiment cru à cette piste, le témoin étant digne de confiance, interrogé par la police française, et échangeant avec nous volontiers. Après enquêtedu consulat, le seul errant européen était un jeune homme russe, qui avait été interné depuis en hopital psychiatrique. N’ayant jamais obtenu la photo de ce russe, pour la présenter au témoin, nous n’avons jamais pu vraiment clore cette piste et nous nous sommes établis à Anjuna, très proche de Mapusa. Le patron de notre hotel s’est tout de suite montré très aidant et coopérant.
Visites aux commissariats de plusieurs villes, certaines très décevantes par l’attitude des policiers.
Devant notre insistance, au commissariat principal de Panaji, la capitale de Goa, on finit par exhumer l’avis de recherche de Jean-Baptiste, envoyé en novembre 2009 (seulement), par la police de Bombay, c'est-à-dire juste avant la visite des policiers français. Mais il est resté dans un tiroir et n’a pas été envoyé à tous les commissariats de l’état de Goa, d’après nos constatations futures.
Même le CID, (équivalent du FBI !!!),où nous nous rendons, ne semble pas au courant.
Mais là par contre, nous avons droit à une surprise et à une heure d’émotion forte : Un policier rit en voyant la photo de JB et dit : mais nous l’avons tous vu l’an dernier, il jonglait en faisant du monocycle. Des centaines de gens l’ont vu, il donnait des spectacles. Il est sûr de lui et nous indique le lieu du spectacle, un grand cinéma théâtre où il se serait produit. Pierre et moi nous regardons un peu interloqués car Jean-Baptiste aime jongler, il a fait une école de cirque. Nous fonçons doncà l’inox theater, où il est facile de vérifier dans les ordinateurs que le seul français embauché n’est pas Jean-Baptiste. Le policier nous rappelle et indique à notre chauffeur de taxi l’adresse d’un établissement rassemblant des jeunes artistes. Il est très désappointé, il était tellement sur de lui.
Dans cet endroit, nous rencontrons un jeune jongleur, franco américain né en Inde, ayant le même look que Jean-Baptiste, (mais blond !!!!), qui nous indique qu’un rassemblement international a lieu actuellement, toute la semaine à Aswem plage, avecbeaucoup de français. Nous nous y rendons aussitôt. Pas de trace de Jean-Baptiste.
Nous rencontrerons également un français, qui nous avait déjà été signalé l’an dernier, que nous n’avions pu rencontrer, en vacances avec son épouse, mais ayant volontairement disparu 7 ans en Inde il y a 20 ans, sans avoir prévenu personne, ayant vécu parfois dans la rue parce que sans le sou.Il rentrera en France, très malade, (les amibes de l’eau non potable), pour se soigner, grâce à la diligence du psychiatre français en poste au consulat de Bombay ayant écrit le livre « Fou de l’Inde ». Livre quenous avons lu depuis longtemps mais qui ne nous a pas semblé parlant pour expliquer la disparition de Jean-Baptiste.
Nous discutons longuement, notre ancien hippy pense également que Jean-Baptiste ne relève pas de ce profil. Pour lui, sa décision avait correspondu à un mal être, qui lui paraissait pouvoir se résoudre dans la liberté et l’atmosphère de ce pays, si différent de nos pays occidentaux. Mais s’il est un fait que l’Inde peut provoquer un choc, une remise en question, on ne décide pas du jour au lendemain, selon lui, de vivre sans moyen financier, surtout quand c’est à portée de mains. (la carte bancaire et le compte bien rempli). La vie dans la rue est trop dure, il en sait quelque chose.
Les ermites authentiques vivent surtout dans la région de Rischikesh, dans le Nord, et un de ses amis, vivant là-bas depuis des lustres, pourra savoir si Jean-Baptiste y est passé ou y demeure. C’est le point très positif de notre rendez-vous, qui a eu lieu sur la plage la plus reculée du Nord de Goa, qui semble encore assez préservée, mais pour combien de temps ?
Se déplacer reste toujours un problème. Nous avons fini par abandonner le taxi, qui à la longue revient cher, pour prendre le bus, souvent surchargé, mais quasi gratuit : quelques centimes d’euro pour de longues distances.Un peu secoués, souvent très serrés, mais si on renonce à monter parce que découragés à la vue d’un bus qui pour nous est déjà bondé, on nous propose une place privilégiée, au milieu des colis quand même, dans la cabine du chauffeur. On voit ainsi beaucoup de pays, avec des paysages souvent magnifiques, et beaucoup d’indiens, dans des scènes de vie courante. Rien à voir avec un tour opérator dans un bus aseptisé, c’est ce que j’aime.
Le moyen de locomotion privilégié des touristes, jeunes et moins jeunes,est le scooter. Rouler cheveux au vent par cette température le long de ces côtes superbes me tente terriblement, mais rebute complètement Pierre. Non sans raison, la route en Inde, sans code de la route, n’est pas sans danger, et les européens ont tendance à rouler plus vite que les indiens, sans pour autant avoir d’aussi bons réflexes qu’eux, quisemblent avoir 4 paires d’yeux.
Nous arriverons à Goa vendredi 15 janvier. Nous n'y connaissons personne. Si par hasard quelqu'un lisant le blog a des contacts susceptibles de nous aider, ce serait précieux pour nous . On peut nous joindre à cette adresse : mctalleu@gmail.com, et sur le n° de tél du titre du blog. Merci, et à bientôt
Un vol intérieur nous dépose à Chennai le 19 décembre, où nous avons la joie d’être accueillis, en pleine nuit, par notre ami Joseph, connaissance de l’hiver dernier, qui a eu la délicatesse de s’occuper en sus de notre hébergement, et dans les meilleurs conditions.
Long trajet en taxi, où nous avons tout le temps d’échanger les nouvelles, puis nuit courte dans une chambre sur terrasse qui nous ravit.
Ce même jour, fête à l’orphelinat où nous avons la joie de retrouver Kaveri, notre petite filleule qui a bien grandi et ne joue même pas à la sauvage, bien qu’elle ne puisse se souvenir de nous. Charmant spectacle de Noel, danses moderneset traditionnelles, costumes colorés et dorés, noires chevelures fleuries et parfumées, l’ambiance est chaleureuse et bon enfant.
Les jours s’écoulent paisiblement à Pondichery, le problème d’internet se résout, grâce à Kannan, notre informaticien chevronné.Nous faisons connaissance avec le nouveau consul, retrouvons l’attaché de presse du consulat, qui nous a si bien aidé l’an dernier, rencontrons un journaliste, ce que nous avions fait aussi à Ahmedabad , grâce à l’aide du médecin psychiatre responsable du Gujarat, qui avait voulu nous aider intelligemment, ce qui nous avait valu un article en gujarati, le jour de notre départ.
Noel loin de la famille est quand même plutôt tristounet, malgré les belles cérémonies de Notre Dame des Anges : tous les enfants au loin, Jean-Baptiste perdu, les fêtes n’ont plu la même saveur.
Nous aurons pourtant la joie de voir longuement enfants et petits enfants grâce à skype. (et à Kannan)
Nous passerons 2 jours à Auroville, à 10 kms au Nord de Pondichéry, avec le privilège d’avoir pour guide une merveilleuse aurovillienne, qui nous permettra d’appréhender ce qu’est Auroville sans perdre de temps. Véritable oasis, belle forêt tropicale, calme et propreté, ordre, hébergement agréable et original, qui nous permettra de rencontrer plusieurs personnes intéressantes pour qui le cas de Jean-Baptiste sera tout de suite bien appréhendé. Nous laisserons beaucoup d’avis de recherches, dont certains seront emportés dans différents ashrams.
Auroville, une autre façon de vivre, dans un grand détachement des biens matériels et personnels. Jean-Baptiste aurait bien pu avoir envie d’y mettre son nez, mais une fois de plus, son nom n’est nulle part. Notre guide comprend la démarche de Jean-Baptiste, ayant elle-même parcouru l’Asie à vélo il y a 4 ans . On ressort changé d’un tel voyage, on ne reprend pas sa vie d’avant. …mais on ne disparait pas aussi facilement. Toujours le mystère, l’incompréhension.
Dans quelques jours, nous partirons à Goa, sur la côte ouest, après un petit séjour à Tiruvanamalai, berceau du sage Ramana , haut lieu spirituel hindou, où nous avions passé une semaine l’an dernier. Nous avons d’autres rencontres à y faire.
Plusieurs fois, des moines nous avaient dit : « il est venu, il est venu… »Mais pour un indien, tous les européens se ressemblent.
Nous vous souhaitons à tous une bonne année.Nous osons espérer qu’elle ne finira pas sans nous avoir fait enfin avancer.
Hier 14 décembre, nous décidons de nous rendre au commissariat principal d’Amedabad, pour faire afficher l’avis de recherche de Jean-Baptiste.
Un rickshaw nous y conduit. Personne ne parle anglais. La communication n’est pas facile.
Quelqu’un finit par nous faire comprendre qu’il faut voir le directeur de la police, cellule des personnes disparues, (CID crime), à Police Bhavan, à Gandhinagar, située à 25 kms d’Ahmedabad.
Nous nous faisons soigneusement écrire toutes ces coordonnées, et décidons de remettre l’expédition au lendemain. (il est déjà 16h et la nuit tombe à 18h.) Nous laissons bien sûr nos affiches.
Nous nous faisons déposer dans la vieille ville où nous visitons le temple de Swaminayam. Un vieux monsieur très digne, après nous avoir renseigné sur notre itinéraire du lendemain, précisant qu’il faut se rendre à Gāndhīnagar en bus ou en rickshaw, se propose comme guide et nous fera remplir et signer un registre. Nous en profitons pour y signaler la disparition de Jean-Baptiste avecl’adresse du blog. Il y a beaucoup de messages de français, nous parcourons tout le livre d’or. Il nous fera ensuite visiter la vieille ville, très ancienne, qui parait très pauvre mais est habitée par la classe moyenne, nous dit-il en anglais. C’est la fin des classes et nous croisons beaucoup d’enfants, à pied ou entassés en grappe dans les rickshaws, tout heureux de nous dire bonjour en anglais, et de se faire photographier. (nous n’avons pas rencontré d’européens). Nous voyons des enfants faire leurs devoirs en plein air devant leurs portes.(il fait plus de 25 °) La vie des écoliers est finalement la même partout dans le monde.
Ce matin 15 décembre, Pierre voudrait prendre un taxi. La difficulté est : où aller le chercher ?
En sortant de l’ashram, l’employé d’une petite agence de voyage à qui nous demandons conseil sort pour dire à un chauffeur de rickshaw de nous conduire à la station de bus. La-bas, rien n’est écrit en anglais, il faut redemander pour ne pas se tromper de bus, X fois, et nous en profitons pour parler de Jean-Baptiste, donner des avis de recherche, montrer l’adresse écrite de la police.
Une heure de bus bruyant mais assis (Pierre était persuadé que nous serions debout, vu l’affluence). On se trompe d’arrêt pour descendre mais on nous rappelle à grands cris. (ça sert à quelque chose de montrer les adresses), et effectivement, toujours en montrant notre papier, on nous indique les bâtiments de la police. Les services sont nombreux, les bâtiments aussi, et de bout de chemin en bout de chemin, toujours bien guidés, nous arrivons à destination. On ne rentre pas comme ça. On nous fait remplir un registre avec le motif de notre venue.
Nous somme enfin bien reçus par qui de droit et ô bonne surprise, ils ont reçus un courrier de la police de Bombay (Pune exactement), le 10 novembre, et ont diffusé à tout le Gujarat le 1° decembre.
On nous montre tousles courriers, l’avis de recherche fait par la police de Bombay, et on nous donne même une photocopie. On raconte à la secrétaire l’histoire du cyclotouriste belge et elle comprend parfaitement(car avoir l’idée de venir d’Europe en vélo jusqu’en Inde fait sourire.)
Le dossier est vite sorti donc bien classé. L’ennui pour nous est qu’il est un peu trop bien classé, partout, car la police d’Amedabad l’a sûrement reçu mais n’en avait pas souvenir (parce que ça n’est pas affiché), de même dans les petites stations de police le long de la route qui mène de Bombay à Ahmédabad.
Le retour s’effectue sans problème. Notre expédition aura duré 4 heures, et chacun a pris soin de nous mettre toujours sur le bon chemin. C’est très agréable.
En fait, on prend soin de nous constamment.Exemple : le dernier conducteur de rickshaw nous laisse à la porte de notre ashram. Or la grille est fermée à clé (c’est la 1° fois que cela nous arrive), eh bien, il pourrait penser que ce n’est plus son affaire. Mais non, il reste avec nous, cherche qui il peut appeler, jusqu’à ce que quelqu’un vienne nous ouvrir. C’est tout de même touchant, autant d’attention.
Petite réflexion : Nous avons mis 4 heures pour nous rendre à 25 kms.
Avec un van, ce serait vite fait, et nous ne reviendrions pas sur nos pas. Nous serions constamment itinérants.La route était bonne, bien entretenue et même très fleurie. Bien sûr, là aussi il faudrait s’arrêter souvent pour demander sa route. Mais c’est la façon de voyager en Inde.
Pour nous amener à l’ashram, en venant de Bombay, notre chauffeur est bien sorti 20 fois de la voiture pour demander son chemin dans Ahmedabad. Nous désespérions de finir par atterrir à la bonne adresse.
Très bon accueil à Ahmedabad par le président de l’Assemblée des français de l’étranger puis par la directrice de l’Alliance Française. Le soir, nous répondons à une invitation pour un spectacle de danse Kathak, à ciel ouvert, et la réalisatrice vient nous voir avant son spectacle pour nous dire combien elle pense à Jean-Baptiste, son jeune compatriote disparu, et combien elle est heureuse de danser ce soir en notre présence, qu’elle espère qu’une force s’en dégagera pour nous et pour Jean-Baptiste. Nous en sommes vraiment touchés.
Elle vit en Inde depuis 9 ans, et a une longue histoire familiale avec l’Inde.
Au cours de la discussion, elle nous raconte ceci. Ce n’est pas rassurant mais nous apprécions qu’elle ait osé nous le raconter :
Un de ses jeunes élèves, 20 ans, devait renouveler son visa en se rendant au Népal. Peu fortuné, il choisit de s’y rendre par les moyens de locomotion les plus économiques : train 2°classe, puis bus. Le trajet est long.
Dans le train, il fait la connaissance d’un jeune suisse. Parlant tous 2 français, ils décident de rester ensemble. Vers la fin du voyage en train, des indiens leur offrent gentiment des chocolats, qu’ils acceptent. Les chocolats étaient empoisonnés et ils tombent tous deux dans le coma. Ils sont dépouillés et emportés à la morgue. Le jeune élève a la chance de se réveiller à la morgue, au milieu des cadavres. Le suisse ne se réveillera pas.
Des histoires comme celle-là, il y en a malheureusementen pagaille nous dit-elle.
Pa r ailleurs, dans l’après-midi, nous avons discuté longuement avec le directeur français d’une école : Plus de 20 ans d’Inde, 10 ans de Népal , 5 ans d’Afrique. Son discours à lui était plutôt rassurant : les indiens ne tuent pas pour voler. La ville n’est pas dangereuse. On peut s’y promener la nuit sans risque. Ahmedabad, Bombay, des villes animées mais tranquilles. Il en est différemment de New Delhiet du Nord du pays.
Ce discours-là, nous l’avons entendu des dizaines de fois, sans avoir de mal à le croire car nous avons toujours ressenti beaucoup de bienveillance et jamais de danger.
Les 2 facettes sont vraies. Où est Jean-Baptiste dans tout cela ?